Aspiration-Everest, volume 1

Return to the table of contents

Je prie, je médite1

Je prie, je médite.

Je prie Dieu et je médite sur Dieu.

Je prie Dieu car Dieu est mon Seigneur, mon Seigneur Souverain, mon Seigneur Suprême.

Je médite sur Dieu car Dieu est mon Ami, mon Ami Éternel, mon seul ami.

Je prie Dieu car Il est puissant et prévenant.

Je médite sur Dieu car Il est beau et enrichissant.

Je prie Dieu afin de voir Son visage d’Élévation.

Je médite sur Dieu afin de ressentir son Cœur de Félicité.

Je prie Dieu de m’accorder ce qu’Il est.

Je médite sur Dieu afin de retrouver ce que j’ai perdu.

Je prie Dieu de me montrer le chemin.

Je médite sur Dieu afin qu’Il transforme les ténèbres de mon ignorance en lumière de sagesse.

Je prie Dieu afin qu’Il devienne le ciel-son de ma vie humaine.

Je médite sur Dieu afin qu’Il devienne le soleil-silence de ma vie divine.

Dans ma vie de désirs, je prie Dieu, car je suis esclave de la nécessité.

Dans ma vie d’aspiration, je médite sur Dieu, car Lui et moi sommes devenus la satisfaction réciproque de notre nécessité.

Ma prière aime la Puissance de la Compassion divine à en perdre haleine.

Ma méditation aime la Lumière de la Justice divine inconditionnellement.

Ma prière m’a offert le salut.

Ma méditation m’a offert la perfection.

Je prie Dieu et je médite sur Dieu.

2 1er Juillet 1977 à 9h30 — Woodrow Wilson Hall, Collège Monmout, Asbury Park, New Jersey


  1. EA1

  2. EA1

La Gratitude1

Gratitude, gratitude, gratitude.

La gratitude est une action miraculeuse en nous. Cette action miraculeuse renforce notre corps physique, purifie notre énergie vitale, élargit notre vision mentale et intensifie notre félicité psychique.

L’aspirant en nous s’efforce d’être simple, sincère, pur et humble. Tous les aspirants spirituels essaient de cultiver ces qualités en abondance. La manière la plus simple et la plus efficace de les cultiver est d’ouvrir la fleur de gratitude en notre cœur et de la faire fleurir, un pétale après l’autre. Comment ? En donnant, non seulement davantage d’importance à ce que nous possédons, mais également toute importance à ce que nous ne possédons pas.

Ce que nous possédons : une pensée illusoire, une quête illusoire et un devenir illusoire. Une pensée illusoire : nous rêvons de rencontrer la grandeur ou la réussite, que ce soit d’une manière ou d’une autre. Une quête illusoire : nous recherchons la vérité et la lumière à notre façon, là où nous pensons qu’elles doivent se trouver. Un devenir illusoire : nous voulons devenir quelque chose qui nous plaise et c’est là notre erreur la plus déplorable. En voulant nous satisfaire à notre propre manière, nous projetons en avant, consciemment ou non, le loup-vital.

Ce que nous ne possédons pas : une imploration intérieure exaltée et un sourire extérieur incommensurable. En cultivant la première, nous accroissons inévitablement le second.

Nous allons, soit de l’intérieur vers l’extérieur, soit de l’extérieur vers les profondeurs de l’être. Nous pouvons débuter notre voyage, soit avec la capacité de l’âme, soit avec celle du corps. Ultimement, ces deux capacités devront s’unir. Bien entendu, la puissance de l’âme est infiniment supérieure à celle du corps. Mais toute minime que soit cette dernière, elle devra se fondre à la capacité de l’âme. La capacité majeure du corps est de pouvoir accepter la suprématie de l’âme. Si l’âme est reconnue comme le chef Suprême, si l’occasion lui est offerte de guider, de mouler, de façonner notre destin, nous obtenons alors ce que nous ne possédons pas encore : une imploration intérieure douce, pure, exaltée et intense et un sourire extérieur sûr et incommensurable.

2 Le 2 Juillet 1977 à 5h30 — Centre Sri Chinmoy, Jamaica, New York


  1. EA2

  2. EA2

Je ne sais pas1

« Je ne sais pas. » Voilà sans nul doute une réponse. Elle satisfait l’aspirant sincère en nous qui ne s’abaisse pas au niveau de l’hypocrisie. Mais voyons jusqu’où cette réponse peut nous mener. Jusqu’au But qui nous est destiné ? Certainement pas ! Pour cela, il nous faut pouvoir dire : « Je sais. »

Pour trouver la réponse, nous commençons par regarder autour de nous. Mais le monde se moque de nous, nous tourne en ridicule et parfois nous méprise. À ses yeux, nous sommes d’incorrigibles fous. Nous partons alors chercher la réponse à l’intérieur de nous. Une voix surgie des profondeurs nous dit alors que nous sommes réellement ce que nous pensons être. Nous sommes réellement ce que nous croyons être. Nous sommes réellement ce qu’ultimement nous allons devenir consciemment.

Que pensons-nous être ? Nous pensons être des instruments dévoués et des aspirants attentifs. Que croyons-nous être ? Nous croyons être des amoureux fervents. Et qu’allons-nous ultimement devenir ? Des serviteurs zélés. Des instruments dévoués, des aspirants attentifs, des amoureux fervents et des serviteurs zélés du Suprême : si nous parvenons à nous considérer comme tels, si nous pouvons ressentir que nous sommes tout cela, il n’y aura alors plus aucune autre réponse pour nous sur terre comme au Ciel. Voici la réponse : nous sommes les instruments dévoués, les aspirants attentifs, les amoureux fervents et les serviteurs zélés du Suprême. « Je ne sais pas » est devenu désormais : « Je sais ». Et que sais-je ? Je sais que je cherche depuis toujours la Vision sans naissance et la Réalité à jamais transcendante de la réalisation de mon expérience, de la révélation de ma réalisation et de la manifestation de ma révélation.

2 Le 2 Juillet 1977 à 8h30 — Centre Sri Chinmoy, Jamaica, New York


  1. EA3

  2. EA3

Le rêve1

Qu’est-ce ce que le rêve ? Le rêve est création. La création est soit division, soit union. « Division » est un mot complexe. Lorsque nous l’employons pour morceler la réalité de l’existence, nous entrons dans le monde de l’ego et du « je ». Mais lorsque nous l’utilisons pour diviser et répartir le travail, les tâches et les capacités de chacun, ce terme est une véritable bénédiction. Si nous parvenons, grâce à une juste division, à un résultat tangible, concret, conduisant à une vérité et à une réalité uniques, cette division-là est bonne. Mais lorsque nous découpons la réalité en morceaux, et que nous accordons davantage d’attention à l’un de ces morceaux au détriment des autres, nous entonnons le chant de la séparativité. Ce type de division n’aboutit qu’à la destruction, la destruction de ce petit monde que nous appelons nôtre.

« Union » est également un terme compliqué. Lorsque nous travaillons ensemble, lorsque nous sommes en compagnie les uns des autres, c’est une véritable grâce. Mais s’il s’agit de l’union des ténèbres et de la lumière, du désir et de l’aspiration, l’erreur est déplorable. La vie d’aspiration ne doit point se mêler à la vie de désir. Si elle doit absolument s’associer à quelque chose, cela doit être à la vie de renonciation. Renonciation aux possessions superflues, renonciation à ces choses qui ne sont ni divines, ni illuminantes, ni parfaites.

C’est avec la vie d’aspiration que doit débuter notre voyage. Le jour viendra où nous constaterons que notre vie d’aspiration s’est considérablement épanouie, et qu’elle est prête à pénétrer dans la vie de désirs pour la transformer. La vie d’aspiration doit jouer le rôle de pont entre la vie de désirs et la vie de réalisation. La vie d’aspiration de l’aspirant entrera dans sa vie de désirs pour la transformer immédiatement et complètement. La vie de réalisation de l’aspirant pénétrera dans sa vie d’aspiration pour la parfaire et manifester le Suprême Absolu.

Chaque rêve est une création. Chaque création est soit une aspiration consciente, soit une aspiration inconsciente. Notre aspiration entre dans la vie de désirs, la petite sœur, pour l’aider à nettoyer son corps, purifier son mental et illuminer sa vie terrestre. Chaque goutte d’aspiration accélère l’arrivée de la réalisation. Notre aspiration entre dans la vie de réalisation ou bien apporte la vie de réalisation dans la vie d’aspiration afin de rendre celle-ci absolument parfaite pour l’éveil de notre réalité physique et l’épanouissement de la réalité de notre âme qui se trouve en nous et pour nous.

Un rêve est la création de Dieu dans les mondes intérieurs. Nous entrons dans le monde de la réalisation par le monde intérieur de l’aspiration. Création et rêve, aspiration et réalisation, tous sont membres de la même famille. Si nous pouvons prendre conscience de l’un, nous prendrons automatiquement conscience des trois autres, car en fait, notre rêve n’est autre qu’une réalité déguisée, et une réalité déguisée ne reste pas toujours déguisée. Notre rêve purifie notre mental, offre un nouvel essor à notre vital et un éveil intérieur à notre réalité physique.

Je m’incline devant le rêve parce qu’il est doux et pur. Je m’incline devant la réalité parce qu’elle possède non seulement la possibilité et le potentiel, mais également l’inévitabilité en quantité infinie. Je m’incline devant l’aspiration, parce que dans son existence infinie, elle nous prodigue de l’amour. Mais j’adore la réalisation, parce qu’elle est la seule chose dont j’ai besoin pour rendre mon Pilote intérieur constamment et suprêmement heureux.

2 Le 2 Juillet 1977 à 15h50 — Parc National de Bethpage, Long Island, New York


  1. EA4

  2. EA4

L’assurance1

L’assurance, c’est la vie. Le manque d’assurance, c’est la mort. Celui qui mène sa vie avec assurance voit une heure au sein d’une seconde. Celui qui manque d’assurance n’aperçoit pas même une seconde au sein d’une heure.

Ceux qui ont de l’assurance sourient, non pas parce qu’ils possèdent quelque chose, mais parce qu’ils sont quelque chose. Ils appartiennent à une force créatrice en perpétuelle transcendance. Ceux qui n’ont pas d’assurance se sont inconsciemment et malencontreusement liés d’amitié avec le doute de soi, le poison le plus néfaste qui soit. Une fois associés au doute de soi, ils sont forcés de faire connaissance avec la destruction de soi.

Lorsqu’on a de l’assurance, on protège ce que l’on a et ce que l’on est. Ce que l’on a, ce sont les qualités divines comme la simplicité, la sincérité, la sérénité, la pureté et bien d’autres encore. Ces qualités divines doivent être surveillées et seule une personne pleine d’assurance peut le faire. Bien protégées, ces qualités peuvent jouer leurs rôles respectifs de façon satisfaisante au sein de la conscience physique, de la conscience vitale et de la conscience mentale.

Dieu est tout à fait assuré en nous parce qu’Il rêve en nous et à travers nous. Il est l’Arbre éternel de Vie ; nous sommes Ses branches qui Le projettent. Nous n’avons pas conscience de notre propre réalité. Nous n’avons pas conscience d’être partie intégrante de l’Arbre de Vie qu’est Dieu. Voila pourquoi nous manquons d’assurance. Mais la prière et la méditation nous amènent à comprendre que les branches, les feuilles et les fleurs sont inséparables de l’Arbre même. Ayant réalisé cela, nous nous affirmerons dans la Source et au sein du fleuve.

Lorsque le fleuve réalise sa Source absolue, il connaît enfin l’assurance. La Source, quant à elle, est toujours assurée au sein du fleuve car elle sait que sa propre capacité est à jamais illimitée.

2 Le 2 Juillet 1977 à 16h38 — Parc National de BethpageLong Island, New York


  1. EA5

  2. EA5

La soumission théorique et la soumission pratique1

Aspiration, mon aspiration, tu me disais jadis que la vie animale était mauvaise, qu’elle n’était que destruction. Je t’ai crue ; aussi ai-je abandonné la vie animale. Puis tu m’as appris que la vie humaine était mauvaise, qu’elle n’était qu’esclavage. Je t’ai crue ; aussi ai-je abandonné la vie humaine. Enfin, tu m’as révélé qu’il existait quelque chose d’infiniment plus élevé que la vie divine elle-même : la vie d’union parfaite avec mon Bien-Aimé Suprême. Je t’ai crue ; aussi me suis-je uni à mon Bien-Aimé Suprême.

À présent, je ne fais plus qu’un avec mon Bien-Aimé Suprême et je resterai à jamais, inséparablement et inconditionnellement uni à Lui. Mais pourtant, tu m’affirmes que le seul fait de demeurer en mon Bien-Aimé Suprême et de Lui être indissociablement uni ne suffit pas encore. Je dois devenir un représentant authentique du Suprême. Je dois révéler et manifester ce que mon Bien-Aimé Suprême a et ce qu’Il est. Une union théorique n’a aucune valeur. Seule compte l’union pratique avec Lui. Elle signifie l’application joyeuse et permanente de Sa Volonté.

« Seigneur, que Ta Volonté soit faite » proclame ma soumission théorique. Mais il suffit que les vicissitudes de la vie terrestre m’atteignent pour que j’abandonne aussitôt ma soi-disant unité soumise avec mon Bien-Aimé Suprême. Je me maudis d’avoir tant souhaité m’unir à Lui. Telle est ma soumission théorique.

Ma soumission pratique, elle, est totalement différente. Grâce à elle, j’expérimente ce qu’Il expérimente Lui-même en moi et à travers moi : les échecs et les réussites de la vie, les joies et les chagrins de l’existence, la vie qui se retire et qui abandonne, la vie qui est en devenir et qui se transcende. J’accepte toute chose dans une unité joyeuse, dévouée, inconditionnelle et soumise. Ce n’est que si je parviens à établir mon union soumise avec mon Bien-Aimé Suprême sur le plan physique et sur le plan pratique que je puis devenir non seulement ce qu’Il a, mais aussi ce qu’Il est. Ce qu’Il est, je le suis éternellement et véritablement : l’âme d’Union de l’Éternité et le But d’Union de l’Infini.

2 Le 3 Juillet 1977 à 8h37 — Stade du Lycée de Jamaica, Jamaica, New York


  1. EA6

  2. EA6

La satisfaction1

Chaque vie humaine est un chant. Un aspirant entonne chaque jour un nouveau chant. Il chante et découvre. Que découvre-t-il ? Il découvre un corps plein d’enthousiasme, un vital plein de détermination, un mental plein de paix, un cœur plein de béatitude et enfin, une vie pleine de satisfaction.

La satisfaction est nécessaire dans la vie animale comme dans la vie humaine et dans la vie divine. Cependant, la satisfaction que l’on trouve dans la vie animale n’est pas la véritable satisfaction. Dans la vie humaine non plus, on ne trouve pas la véritable satisfaction. Ce n’est que dans la vie divine que l’on trouve la véritable satisfaction.

Dans la vie animale, on essaye de trouver la satisfaction dans la destruction. Dans la vie humaine, on essaye de gagner la satisfaction par la possession. Dans la vie divine, on essaye de recevoir la satisfaction par l’illumination. La satisfaction obtenue par la destruction n’est pas et ne peut être la satisfaction réelle. La satisfaction obtenue par la possession n’est pas et ne peut être la satisfaction réelle. Seule la satisfaction obtenue par l’illumination est indubitablement la véritable satisfaction.

Ici, nous sommes tous des aspirants ; nous prions et nous méditons. Dans notre prière, dans notre méditation, nous essayons toujours de voir le visage de la satisfaction. Lorsque nous prions, nous essayons de nous élever et de trouver la satisfaction. Lorsque nous méditons, nous essayons de faire venir en avant la Lumière et la Félicité du fin fond de nous-mêmes et de goûter la satisfaction dans notre corps, notre vital, notre mental et notre cœur. Lorsque nous prions, nous essayons et implorons de recevoir quelque chose d’en-haut qui étanche notre soif. Lorsque nous méditons, nous invoquons nos propres réalités supérieures pour qu’elles se manifestent en nous et à travers nous.

La méditation est précédée par la concentration et suivie de la contemplation. La concentration, la méditation et la contemplation vont ensemble. La concentration est la vitesse. La méditation est la confiance. La contemplation est la victoire. Nous pouvons dire que la concentration possède et est la vitesse de la biche ; la méditation possède et est la confiance de l’éléphant ; la contemplation possède et est la victoire du lion.

Il est toujours conseillé d’avoir de la vitesse car il nous faut apprécier le but à sa juste valeur. Le but n’est pas stationnaire. Le but d’aujourd’hui sera le point de départ de demain. Nous sommes en train de nous diriger vers un but qui ne cesse de se transcender, d’illuminer et de combler, c’est pourquoi nous devons prêter toute notre attention à notre vitesse, à la rapidité que nous pouvons atteindre.

La confiance est également d’une importance capitale. Si nous sommes confiants en nous-mêmes et en Dieu, nous pouvons assurément faire des progrès rapides. En ayant confiance uniquement en Dieu et pas en nous-mêmes, nous ne pourrons pas aller très vite. De même, si nous n’avons confiance qu’en nous-mêmes et non pas en Dieu, nous ne ferons guère de progrès. Nous devons ressentir notre confiance en Dieu et la confiance de Dieu en nous. Nous ressentirons notre confiance en Dieu grâce à notre consécration, et la confiance de Dieu en nous grâce à la Lumière-Compassion qu’Il déverse sur nous constamment et inconditionnellement.

Comme nous, l’âme a affaire à la vie, mais dans son cas, il s’agit de vie universelle et de Vie transcendantale. Lorsque l’oiseau de l’âme descend dans le monde, il déploie ses ailes et s’unit inséparablement à la vie universelle. À la fin de son séjour terrestre, lorsque l’âme retourne dans son domaine, elle entre dans la Vie transcendantale. La vie n’est autre que le Rêve de Dieu, et ce Rêve n’a ni commencement ni fin. Dieu réalise ce Rêve sans commencement ni fin en et à travers Sa réalité comblante qui englobe tout : l’homme.

2 Le 3 juillet 1977 à 20h35 — Ecole publique P.S.86, Jamaica, New York

*La Hauteur de Compassion et la Lumière de Justice3

:PROPERTIES: :genre: discourse :cite-key: EA:8-fr :END:

« Mon Seigneur Suprême, Tu es à la fois la Hauteur de Compassion et la Lumière de Justice. Dis-moi laquelle Tu considères la meilleure.

« Mon fils, si tu es courageux, la Lumière de Justice est infiniment meilleure. Si tu es faible, la Hauteur de Compassion est infiniment meilleure. Mais je tiens à te dire qu’à la longue, la Hauteur de Compassion comme la Lumière de Justice atteignent la même destination en même temps. Elles ont toutes les deux le même but. »

« Dans le Jeu Cosmique, je suis parfois obligé d’utiliser la Lumière de Justice. Sinon, si j’utilise tout le temps ma Hauteur de Compassion, la progression de l’aspirant sera indéfiniment retardée. Si l’aspirant en toi peut braver la Lumière de Justice, tu feras sûrement les progrès les plus rapides. Mais cette Lumière de Justice doit être acceptée avec joie, dévotion et ferveur. Ce n’est qu’à cette condition qu’elle pourra convenir au mieux. Mais lorsque la Lumière de Justice est reçue à contre-cœur, avec crainte ou simplement pour les besoins d’une cause, et si de plus elle est reçue avec une résistance intérieure et une attitude rebelle, alors elle ne servira à rien. »

« Lorsque je montre ma Lumière de Justice, mon fils, tu dois ressentir qu’il s’agit de ma sollicitude déguisée : ma préoccupation pour ta perfection vient en avant. Lorsque je montre ma Hauteur de Compassion, il s’agit sans nul doute d’un processus plus lent ; toutefois, si l’aspirant en toi ne te pardonne pas alors que Je t’ai pardonné, si tu ressens des remords et que tu es résolu à ne plus commettre la même erreur, tu pourras courir au plus vite avec ma Hauteur de Compassion. Tu peux courir au plus vite en devenant infiniment plus consciencieux et conscient et en devenant résolument sincère avec toi-même et plein de détermination divine. »

« J’utilise davantage ma Hauteur de Compassion que ma Lumière de Justice, mon fils, parce que je sais combien chaque être humain est faible. C’est pourquoi je prends le chemin le plus lent. Si je pouvais utiliser la Lumière de Justice tout le temps, le progrès pourrait être plus rapide, mais au risque de voir le réceptacle céder. Alors je préfère utiliser ma Lumière de Justice moins souvent que ma Hauteur de Compassion. Lorsque j’utilise ma Hauteur de Compassion, tu dois donc t’attacher à être extrêmement strict, impitoyablement strict avec toi-même. C’est toi qui dois être strict avec ta vie afin de devenir mon meilleur instrument, mon instrument plus comblant. »

« Lorsque j’utilise ma Lumière de Justice, prends-la avec joie, dévotion et ferveur. Lorsque j’utilise ma Hauteur de Compassion, prends-la avec ton océan de gratitude et ton ciel de gratitude, et plonge en même temps profondément en toi pour devenir infiniment plus strict avec toi-même que tu ne l’as été jusqu’à présent. Tu ne pourras alors plus commettre la moindre erreur. La Lumière de Justice et la Hauteur de Compassion sont une seule identité inséparable. Mais selon les besoins, mon fils, j’utilise soit l’une, soit l’autre. »

« Toi, en tant qu’aspirant, en tant qu’aspirant authentique et inconditionnel, tu dois toujours rester heureux, que j’utilise ma Hauteur de Compassion ou ma Lumière de Justice avec toi. Si tu reçois ma Lumière de Justice, utilise ta joie de manière très constructive ; et si tu reçois ma Hauteur de Compassion, plonge profondément en toi et fais venir en avant ton cœur de gratitude. Emplis ensuite ton corps, ton vital, ton mental et ton cœur d’une volonté inflexible afin de ne pas répéter la même erreur déplorable. »

« La Hauteur de Compassion est l’averse, l’averse de bénédictions qui descend du ciel. La Lumière de Justice est l’éclat brillant du soleil, la chaleur brûlante. Nous avons autant besoin de l’une que de l’autre pour récolter la moisson de la réalisation qui germe lentement, sûrement et infailliblement des graines de l’aspiration selon la Volonté de ma Vision intérieure et de ma Réalité extérieure. »

4 Le 4 juillet 1977 à 8h05 — Terrain de sport du Lycée de Jamaica, Jamaica, New York


  1. EA7

  2. EA7

  3. EA8

  4. EA8

Mon désir1

Désir, mon désir, mon ami de toujours, je suis toujours resté avec toi. Puisque je t’appelle mon ami, mon ami de toujours, puis-je te demander une faveur ? C’est une simple requête, et je suis sûr que tu peux me l’accorder si tu le veux. Voici ma requête fervente et brûlante : trois fois par jour, me laisseras-tu seul ? À chaque fois, je n’aurai besoin que de trois secondes. Cela veut dire que pendant neuf secondes en une journée entière, je souhaite être seul, sans toi.

Tôt le matin, à cinq heures, j’aimerais offrir un message fervent à mon Bien-Aimé Suprême pendant trois secondes. Ce message est le suivant : « Ô mon Bien-Aimé Suprême, je T’aime, et personne d’autre, je T’aime et personne d’autre, je T’aime et personne d’autre. »

À midi, j’aimerais offrir trois fois un autre message à mon Bien-Aimé Suprême : « Ô mon Bien-Aimé Suprême, j’ai besoin de Toi et de personne d’autre. J’ai besoin de Toi et de personne d’autre. J’ai besoin de Toi et de personne d’autre. »

À sept heures, à la tombée de la nuit, j’aimerais offrir mon troisième message fervent à mon Bien-Aimé Suprême : « Ô mon Bien-Aimé Suprême, je T’appartiens, à Toi et à personne d’autre. Je T’appartiens, à Toi et à personne d’autre. Je T’appartiens, à Toi et à personne d’autre.

Rien que neuf secondes par jour, c’est tout ce que je te demande, ô mon ami de toujours, ô mon désir. Si tu m’accordes cette faveur, un jour, je te donnerai en retour quelque chose que tu n’as jamais imaginé et jamais mérité. Je te donnerai ce que je vais acquérir : la joie illimitée de mon cœur pour te nourrir, la lumière illimitée de mon âme pour t’éveiller et la Beauté éternelle, infinie et immortelle de Dieu pour t’illuminer. Ô mon ami-désir, mon ami de toujours, j’aimerais être seul rien que neuf secondes par jour. Si tu satisfais ma demande, je te donnerai des choses que tu ne seras jamais capable de recevoir autrement, ni dans cette incarnation, ni dans aucune autre incarnation. Alors, mon ami-désir, accorde-moi ma requête : trois secondes, trois secondes, trois secondes —neuf secondes par jour en tout, permets-moi d’être seul avec moi-même, en moi-même et pour moi-même. Je voudrais être seul pendant neuf secondes avec le Réel en moi, dans le Réel en moi et pour le Réel en moi.

2 Le 4 juillet 1977 à 20h05 — Réunion informelle chez Madhuri, Jamaica, New York

*. Le raccourci, le raccourci plus rapide, le raccourci le plus rapide3

:PROPERTIES: :genre: discourse :cite-key: EA:10-fr :END:

« Mon doux Seigneur Suprême, je suis vraiment fatigué de cette longue route. La route qui nous sépare est vraiment longue. Je T’en prie, je T’en prie, accorde-moi un raccourci. Je te serai éternellement reconnaissant de m’accorder un raccourci pour T’atteindre. »

« Mon fils, je suis surpris de t’entendre me demander simplement un raccourci, parce que je pensais qu’un jour, tu me demanderais le raccourci le plus rapide. Mais je vais te donner un raccourci, et je te donnerai également le raccourci plus rapide et même le raccourci le plus rapide, au cas où tu en aurais besoin un jour.

Le raccourci, c’est la foi. Tu dois croire en moi. Tu dois constamment croire en moi. Répète-toi simplement : « Je crois en Dieu, je crois en Dieu. » C’est sans aucun doute un excellent raccourci.

Le raccourci plus rapide consiste à te répéter : « Mon Seigneur Suprême m’aime infiniment plus que je ne m’aime moi-même. Mon Seigneur Suprême m’aime infiniment plus que je ne m’aime moi-même. » Comment est-ce possible ? C’est possible parce que lorsque tu vois le nombre incroyable de tes faiblesses, tu es frustré et tu as envie de te détruire. Mais je te vois comme une portion de ma propre Réalité, aussi ne suis-je pas frustré. Je suis prêt à continuer avec une patience infinie et cette patience est sans aucun doute ton salut. Tu vois donc que je t’aime infiniment plus que tu ne t’aimes toi-même.

Le raccourci le plus rapide est le suivant : tu dois te dire que tu as absolument besoin de moi. Quant à moi, je te dirai que j’ai incontestablement besoin de toi. Tu as absolument besoin de moi et j’ai incontestablement besoin de toi. Cela doit être ta prière constante et sincère.

Le raccourci, c’est lorsque tu peux te répéter que tu crois en moi. Le raccourci plus rapide, c’est lorsque tu peux te dire que je t’aime infiniment plus que tu ne t’aimes toi-même. Et le raccourci le plus rapide, c’est lorsque tu ressens que tu as absolument besoin de moi et que j’ai incontestablement besoin de toi. Si tu arrives à faire tout cela, tu auras accès aux raccourcis, aux raccourcis plus rapides et aux raccourcis les plus rapides.

Pour moi, il y a également un raccourci, un raccourci plus rapide et le raccourci le plus rapide pour t’atteindre. Le raccourci, c’est lorsque je me dis que je découvrirai en toi mon instrument le plus parfait. Le raccourci plus rapide, c’est lorsque je me dis que je t’aime toujours inconditionnellement, quoi que tu fasses et quoi que tu penses de moi, quoi que tu me dises et quoi qu’il t’arrive, quoi que tu veuilles faire de la vision de ta vie et de la réalité de ta vie. Et le raccourci le plus rapide, c’est quand je vois l’Âme de mon Éternité en toi et que je garde le But de mon Infini pour toi. »

4 Le 5 juillet 1977 à 8h10 — Terrain de sport du Lycée de Jamaica, Jamaica, New York

*Bonheur et malheur5

:PROPERTIES: :genre: discourse :cite-key: EA:11-fr :END:

Bonheur et malheur. Nous savons tous que le bonheur et le malheur sont deux réalités opposées. Deux réalités diamétralement opposées. Hélas, il y a des gens qui croient que le malheur est le vrai bonheur. Ce que nous appelons bonheur est d’après eux un malheur, et ce que nous appelons malheur est d’après eux un bonheur. Ils ne sont satisfaits que lorsqu’ils sont tristes, frustrés ou misérables. Ils ont le sentiment que seul l’état de mélancolie peut leur apporter une véritable satisfaction.

À nos yeux, ceci est le comble de l’absurdité. Il suffit de regarder autour de soi pour voir le malheur chanter, danser et virevolter. Dans un sens, le malheur ne connaît pas de frein. Mais comme si un malheur ne suffisait pas, leurs victimes en veulent davantage. Non seulement ne cherchent-elles pas à se débarrasser du malheur dont elles sont déjà affligées, mais elles en demandent encore plus, dans l’espoir d’en obtenir davantage de satisfaction.

Des incidents mineurs, des accidents sans gravité ou de petites crises émaillent parfois l’existence. Mais nous ne devons pas en conclure que Dieu nous les envoie afin de nous purifier ou d’accélérer nos progrès. Non. Les êtres bons, les êtres spirituels, les êtres saints, ne souffrent que très rarement. Lorsque cela se produit, les causes en sont multiples. S’il s’agit de maîtres spirituels d’un très haut niveau, ils souffrent par unité avec leurs disciples, avec leurs proches. Par ailleurs, il se peut aussi que Dieu cherche à prouver au monde que même les grands aspirants et les maîtres traversent des périodes de souffrance, afin de lui montrer que la souffrance n’est pas quelque chose d’inhabituel. Dieu veut faire comprendre au monde que la souffrance est inhérente à la nature humaine. Mais en aucune manière ne veut-Il nous punir afin de nous rapprocher de Lui.

Certaines personnes franchissent un pas supplémentaire. Elles pensent qu’en priant Dieu après avoir subi de graves épreuves, Il n’en écoutera que davantage leurs prières. Aussi commettent-elles délibérément une erreur. Elles en connaissent le prix mais elles sont disposées à le payer, persuadées que leur souffrance incitera Dieu à écouter leurs prières. C’est absurde! Autant vous couper les jambes et vous demander ensuite de marcher. Impossible ! Autant vous aveugler et vous demander ensuite de voir. Impossible ! Un aspirant ne doit pas rechercher volontairement la souffrance —qui est la cause du malheur, ou le malheur lui-même— dans le but de satisfaire Dieu.

Ne nous couvrons pas de ridicule ! Efforçons-nous toujours de voir la réalité sous son jour véritable. Le malheur est le malheur. Le bonheur est le bonheur. Nous devons vaincre le malheur à l’aide du bonheur. C’est le seul moyen de courir au plus vite et de créer une réceptivité immédiate et c’est le seul moyen de satisfaire le Suprême à Sa propre manière.

6 Le 5 Juillet 1977 à 21h05 — Collège Martin Van Buren Hollis, New York

*. Réalité humaine et Réalité divine7

:PROPERTIES: :genre: discourse :cite-key: EA:12-fr :END:

« Mon doux Bien-Aimé Suprême, je sais que Tu as deux réalités, deux aspects : une réalité humaine ou un aspect humain, et une réalité divine ou un aspect divin. Je T’en prie, dis-moi lequel de ces deux aspects est le meilleur, ou bien lequel je dois choisir pour accomplir les progrès les plus rapides, et enfin s’il me faut obligatoirement préférer l’un à l’autre pour atteindre le But Ultime qui est en Toi. »

« Ô mon fils-aspirant, je dois te dire qu’il t’est suprêmement nécessaire d’approcher mes deux aspects, l’humain et le divin. Cela dit, il est préférable de débuter avec l’aspect humain, car tu y trouveras un encouragement et une inspiration plus immédiats qu’avec l’aspect divin. Dans ce dernier, tu pourrais parfois voir quelque austérité en moi, des règles trop rigides, ou une discipline trop stricte. En revanche, dans l’aspect humain, tu constateras qu’il est un certain nombre de choses que j’accomplis de la même manière que toi et ce sera pour toi un encouragement immense. Comme moi, tu peux chanter, tu peux parler, tu peux jouer, tu peux te divertir. Ce n’est que dans le domaine de la méditation que tu ne parviens pas encore à m’égaler. C’est le seul domaine où tu as encore beaucoup à faire. Je médite infiniment mieux que toi. Mais il y a beaucoup de choses que tu accomplis aussi bien que moi, voire parfois mieux que moi. Puisque tu as la même capacité que moi dans tant de domaines, tu dois ressentir que tu peux parvenir au même niveau que moi sur le plan spirituel également. C’est là très encourageant.

Considère l’aspect humain et l’aspect divin comme la fleur et le fruit d’un même arbre. Je suis l’Arbre de Vie, et je porte des fleurs et des fruits. Une fleur est belle. Sa beauté t’inspire et ce surplus d’inspiration te donne envie de courir, de plonger, de t’envoler. Mais il y a une chose de plus que l’inspiration. Cela s’appelle l’appétit intérieur. Tu es inspiré à agir, mais l’appétit intérieur est nécessaire pour t’en donner la force. Cet appétit intérieur se nomme l’aspiration. Ce n’est que lorsque tu as faim que tu cueilles des fruits pour les manger. Mon Arbre de Vie contient l’aspect divin sous sa forme de fruit. Mange le fruit qui te nourrit.

Cela dit, il est parfois recommandé de considérer l’aspect humain et l’aspect divin tous les deux ensemble. Pense à moi comme à l’océan. Tu es une goutte, ou une vague. Si tu veux me voir ou si tu veux jouer avec moi, considère moi comme l’océan et toi comme une goutte, une vague en moi. Si tu es raisonnable, tu verras que quoi qu’il arrive, il vaut mieux demeurer dans l’océan, au sein de cette étendue illimitée. La vague ne peut contenir l’océan. La goutte ne peut contenir l’océan. Mais l’océan peut contenir la vague et la goutte. En fait, ils sont indissociables. Tu incarnes l’aspect humain et j’incarne l’aspect divin, mais ils sont inséparables. Tu as pour l’instant adopté la forme de la gouttelette et moi, celle de l’océan. Mais dès que tu grandiras dans le domaine spirituel, tu constateras que je prends parfois l’apparence de la gouttelette ou de la vague, et toi celle de l’océan. Ainsi jouons-nous à cache-cache l’un avec l’autre.

Si tu souhaites aller vers l’aspect divin en partant de l’aspect humain, c’est parfait ! Tu peux également passer de l’aspect divin à l’aspect humain. Enfin, tu peux considérer l’aspect humain et l’aspect divin tous les deux ensemble. L’aspect humain est doux, plus doux, le plus doux qui soit. L’aspect divin est intime, plus intime, le plus intime qui soit. C’est ainsi que l’aspirant aborde l’aspect humain et l’aspect divin. Je suis ton Bien-Aimé Seigneur Suprême, et tu es l’aspirant en moi et pour moi. »

8 Le 6 Juillet 1977 à 7h50 — Stade du Lycée de Jamaica , New York


  1. EA9

  2. EA9

  3. EA10

  4. EA10

  5. EA11

  6. EA11

  7. EA12

  8. EA12

Reconnaissance1

Je suis reconnaissant envers mon Bien-Aimé Suprême, car en Son infinie Bonté, Il m’a donné la capacité de L’aimer infiniment plus que je ne m’aime moi-même.

Je suis reconnaissant envers mon Bien-Aimé Suprême, car en Son infinie Bonté, Il m’a donné la capacité de ressentir Son Besoin plus que mon propre besoin.

Je suis reconnaissant envers mon Bien-Aimé Suprême, car en Son infinie Bonté, Il m’a donné la capacité de ne pas L’entraîner dans mon monde de désirs, mais d’implorer Sa Présence dans mon monde d’aspiration, de Lui offrir ma volonté terrestre et ma vie de désirs pour enfin déclarer avec ferveur : « Que Ta volonté soit faite. »

Je serai extrêmement reconnaissant envers mon Bien-Aimé Suprême le jour où Il fera de moi l’un de Ses instruments choisis.

Je serai extrêmement, extrêmement reconnaissant envers mon Bien-Aimé Suprême le jour où je pourrai ressentir que l’oiseau de mon âme ne vit que pour Lui à l’intérieur de la cage de mon corps ici sur terre et là-haut au Ciel.

Je serai extrêmement, extrêmement et extrêmement reconnaissant envers mon Bien-Aimé Suprême le jour où je pourrai déclarer au monde intérieur et au monde extérieur que je suis ce qu’Il a et que j’ai ce qu’Il est.

2 Le 6 juillet à 21h20 — Eglise Unitarienne à Flushing, New York


  1. EA13

  2. EA13

Austérité1

« Mon Seigneur Suprême, tant de personnes m’ont parlé de l’austérité. Éclaire-moi. Je veux apprendre de Toi, de Tes lèvres, ce que signifie véritablement l’austérité. Est-elle une sorte de torture que l’on s’impose à soi-même, ou plutôt une discipline sévère ?

— Ô aspirant, discipline et austérité sont deux choses tout à fait différentes. Elles sont semblables au pôle nord et au pôle sud. Tu te disciplines afin de ne pas subir les attaques de la tentation. Tu te disciplines afin de recevoir les offrandes du futur immédiat que sont le bonheur et la paix de l’esprit. Ces dons sont d’une importance primordiale. Une joie immense t’envahit dès le moment où tu te disciplines, et les effets ultérieurs de la discipline sont aussi la joie et le sentiment d’accomplissement, d’un accomplissement véritable.

Par contre, l’austérité n’est qu’une torture que l’on s’impose à soi-même. Tu te tortures, croyant Me satisfaire, mais cette notion est absurde ! Je suis tout Amour, et seul l’Amour est nécessaire pour m’atteindre.

Pourquoi veux-tu passer par l’austérité ? Tu as un corps, un vital, un mental et un cœur. Ce sont les membres proches de ta famille, et tu t’en accommodes. Supporter un corps léthargique, supporter un vital agressif, supporter un mental soupçonneux, supporter un cœur impur ; n’est-ce pas là déjà une sorte de torture ? Puisque tu es tellement épris d’austérité, sache qu’en acceptant patiemment ton corps, ton vital, ton mental et ton cœur insupportables, tu vis déjà la forme d’austérité la plus rude. Tu n’as nul besoin d’austérité supplémentaire.

Passe uniquement par la discipline. Tu en obtiendras la paix de l’esprit et dans cette paix de l’esprit, je te réserve tout : la paix, l’amour, la lumière et la félicité en abondance. Crois-moi, si tu aimes l’austérité, abstiens-toi d’absorber la nourriture de l’ignorance. L’austérité n’est pas et ne peut pas être un accomplissement réalisé par un aspirant, quel qu’il soit. En revanche, la discipline est et doit toujours être un accomplissement réalisé par l’aspirant en toi et en chacun. La discipline est ton ouverture constante, ta réceptivité constante à une lumière supérieure. Tu dois sentir que, grâce à la discipline, tu invoques une lumière plus élevée. Lorsque tu fais du sport, lorsque tu chantes, quoi que tu fasses, pense toujours que tu disciplines ta conscience physique, ta conscience vitale, ta conscience mentale et ta conscience psychique. Grâce à cette discipline, non seulement tu finiras par atteindre le But de Perfection, mais tu deviendras également le But Lui-même.

Toute pensée convenablement régulée, toute action convenablement régulée, est discipline. À l’intérieur de la discipline, tu trouveras tout ce que je possède et qui t’est destiné, ô aspirant. L’Amour, la Paix, la Lumière et la Félicité en abondance. Je te réserve tout cela au sein de la discipline. La voie de la discipline est faite pour toi, et jamais celle de l’austérité ou de la mortification. »

2 Le 7 Juillet 1977 à 7h15 — Stade du Lycée de Jamaica, New York


  1. EA14

  2. EA14

Souriez, aimez et revendiquez1

Souriez, mes amis, mes amis fervents, souriez. Sourions. Il est vrai que ce monde est empli de souffrances insupportables, mais il n’y a aucune raison de ne pas sourire. Nous devons sourire afin d’alléger le poids des souffrances du monde. Nous devons sourire pour amoindrir ses maux cachés.

Aimez, mes amis, mes amis fervents, aimez. Aimons. C’est vrai, ce monde est empli de haine et d’incrédulité, mais il n’y a aucune raison de ne pas aimer et de ne pas croire. Nous devons aimer et croire afin de vider l’océan de haine. Nous devons aimer et croire afin de briser les falaises et les sommets de la montagne d’incrédulité.

Revendiquez, mes amis, mes amis fervents, revendiquez. Nous devons revendiquer. C’est vrai, ce monde nous a trompé et nous a trahi. Cependant, nous devons revendiquer ce monde car il est de notre devoir de changer la face du monde. Tant que nous ne revendiquerons pas ce monde, nous ne pourrons pas le transformer ; c’est pourquoi nous devons revendiquer nos droits sur ce monde qui nous appartient bien, en vue de le transformer.

Enfin, nous ne devons pas oublier de sourire à notre Bien-Aimé Suprême, d’aimer notre Bien-Aimé Suprême et de revendiquer notre Bien-Aimé Suprême, car Il nous appartient éternellement et nous Lui appartenons éternellement.

Nous sourirons à notre Bien-Aimé Suprême précisément parce qu’Il est divinement grand. Nous aimerons notre Bien-Aimé Suprême précisément parce qu’Il est suprêmement bon. Nous revendiquerons notre Bien-Aimé Suprême précisément parce que nous sommes Ses instruments choisis dans l’Éternité. Nous avons tous vu la lumière du jour pour Le satisfaire à Sa propre manière et pour Le combler à Sa propre manière. Nous voyons en Lui, nous ressentons en Lui, nous accomplissons notre voyage en Lui.

Souriez, aimez et revendiquez. Tout imparfait qu’il soit, notre monde est sans nul doute une projection de notre Bien-Aimé Suprême. Mais un jour viendra où nous serons capable de transformer radicalement la face de ce monde et de l’amener à devenir la Réalité-Perfection.

Sourions à Dieu, aimons-Le et revendiquons-Le, car en tout lieu, Il n’est que pour nous et inconditionnellement pour nous.

2 Le 7 juillet 1977 à 21h15 — Collège Caldwell, Caldwell, New Jersey


  1. EA15

  2. EA15

Imagination1

Imagination, ô imagination ! Comment me servir de mon imagination ?

J’ai recours à mon imagination pour oublier mes échecs passés.

J’ai recours à mon imagination pour faire face à mes défis présents.

J’ai recours à mon imagination pour accueillir l’aube de mon futur.

J’ai recours à mon imagination pour toucher et ressentir les Pieds de Compassion de mon Seigneur.

J’ai recours à mon imagination pour m’abreuver du Cœur-Nectar de mon Seigneur.

J’ai recours à mon imagination pour voir l’Œil-Vision de mon Seigneur.

J’ai recours à mon imagination pour toucher les Bras-Sécurité de mon Seigneur.

J’ai recours à mon imagination pour devenir le prototype exact de la Beauté céleste de mon Seigneur.

J’ai recours à mon imagination pour devenir un partenaire de la responsabilité terrestre de mon Seigneur.

Qu’est que mon imagination ? Mon imagination est le précurseur de mon arbre d’aspiration.

Qu’est-ce que mon aspiration ? Mon aspiration est le bâtisseur de mon palais de réalisation.

Qu’est-ce que ma réalisation ? Ma réalisation est le chant d’unité de mon Seigneur et mon chant d’unité.

2 Le 7 juillet 1977 à 7h35, — Stade du Lycée de Jamaica, New York


  1. EA16

  2. EA16

Mes amis de longue date1

La simplicité est mon amie de longue date. Mon amie, la simplicité, a taillé mon arbre-désir.

La sincérité est mon amie de longue date. Mon amie, la sincérité, a fait sauté la chaîne de ma conscience-culpabilité.

La pureté est mon amie de longue date. Mon amie, la pureté, m’a dit en secret que l’amour était la seule force, la force illuminante, la force comblante, la force suprême.

La divinité est mon amie de longue date. Mon amie, la divinité, m’apprend à toujours vivre dans la Source et uniquement pour la Source, la Source perpétuelle.

L’immortalité est mon amie de longue date. Mon amie, l’immortalité, me dit qu’ici sur terre, la seule chose immortelle est l’imploration intérieure de mon cœur, et que là-haut, au Ciel, la seule chose immortelle est le sourire de mon âme.

Mon Bien-Aimé Suprême est mon Ami de longue date. Mon Ami, mon Bien-Aimé Suprême, me dit qu’ici sur terre, Sa Grâce est mon seul salut, et que là-haut, au Ciel, Son Visage est ma seule satisfaction.

Ô mes amis qui êtes la simplicité, la sincérité, la pureté, la divinité, l’Immortalité et le Suprême Bien-aimé, à chacun de vous j’offre le cœur de gratitude de mon Éternité, la source d’unité de mon Infinité et la béatitude-perfection de mon Immortalité.

2 Le 8 juillet 1977 à 12h35 — Auditorium de Dag Hammarskjöld, Nations-Unies, New York

*Aspiration3

:PROPERTIES: :genre: discourse :cite-key: EA:18-fr :END:

Comment utiliser mon aspiration ?

Mon aspiration me sert à réunir mon imploration ascendante de la terre à mon sourire descendant du Ciel.

Mon aspiration me sert à transformer la nuit-désirs de mon univers en la hauteur-illumination de mon univers.

Mon aspiration me sert à nourrir mon Bien-Aimé Suprême affamé des flammes de gratitude de mon aspiration.

Mon aspiration me sert à désapprendre tout ce que mon mental terre-à-terre m’a appris, et à tout apprendre, depuis le début, de mon âme céleste libre.

Mon aspiration me sert à devenir l’ami le plus intime de mon doux, bon et beau cœur d’unité.

Mon aspiration me sert à réussir dans les mondes extérieurs et pour avancer dans les mondes intérieurs. Lorsque je réussis, le monde extérieur me sourit, m’apprécie, m’adore et me porte aux nues. Lorsque j’avance avec ferveur, dévotion et inconditionnellement, mon Bien-Aimé Suprême me sourit, me bénit et m’embrasse.

Qu’est-ce que l’aspiration ? L’aspiration est mon don de soi.

Qu’est-ce que le don de soi ? Le don de soi est un art suprême. Grâce à cet art, je finis par comprendre que je dois sonder mes réalités inconnues et que je dois apprendre à connaître mon soi supérieur qui réside dans les profondeurs les plus intimes de mon cœur. Je dois m’identifier consciemment avec mon soi supérieur et en devenir inséparable. Ce moi supérieur est constamment en accord avec mon Bien-Aimé Suprême et je dois manifester mes réalités qui ne sont pas encore manifestées.

Mon aspiration incarne la concentration, la méditation et la contemplation.

La concentration est ma vitesse. Avec cette vitesse, je cours vite, plus vite et au plus vite vers mon Bien-Aimé Suprême.

La méditation est ma profondeur, ma profondeur-silence. Avec cette profondeur-silence, j’invoque mon doux Seigneur Suprême et Le place au plus profond de mon cœur de gratitude.

La contemplation est mon extase. Avec cette extase, je chante mon chant d’unité avec mon Père Suprême de l’Éternité. Avec ma contemplation-extase, je danse ma danse-satisfaction avec mon Seigneur qui est mon Ami et Compagnon d’Éternité. Je chante avec mon Seigneur, le Père. Je danse avec mon Seigneur, l’Ami.

4 Le 8 juillet 1977 à 21h30 — Collège de Manhattanville Purchase, New York

*Réalisation5

:PROPERTIES: :genre: discourse :cite-key: EA:19-fr :END:

À quoi me sert ma réalisation ?

Ma réalisation me sert à goûter la pauvreté de l’humanité.

Ma réalisation me sert à goûter à la prospérité de la divinité.

Ma réalisation me sert à aimer les larmes de l’humanité.

Ma réalisation me sert à aimer les sourires de la divinité.

Ma réalisation me sert à donner à l’humanité ce que je possède : l’espoir, l’espoir, l’espoir.

Ma réalisation me sert à donner à la divinité ce que je suis : la promesse, la promesse, la promesse.

Ma réalisation me sert à détacher comme à attacher. Ma réalisation me sert à libérer et à lâcher le fini dans la vision-cœur de l’Infini. Ma réalisation me sert à attacher l’Infini dans la mission-corps-manifestation du fini.

Qu’est-ce que la réalisation ? La réalisation est la douce réminiscence de mon passé oublié.

Qu’est-ce que la réalisation ? La réalisation est le rétablissement de ma maladie d’ignorance qui m’a affecté pendant des millénaires.

Qu’est-ce que la réalisation ? La réalisation est ma navigation consciente et constante avec mon Pilote intérieur dans Son Bateau doré vers la contrée inexplorée où les graines de la beauté, de la divinité et de l’Immortalité poussent en un clin d’œil en récoltes des plus riches.

6 Le 9 juillet 1977 à 7h50 — Terrain de sport du Lycée de Jamaica, New York

*. Une vie éphémère7

:PROPERTIES: :genre: discourse :cite-key: EA:20-fr :END:

Tout ce que nous possédons est une vie éphémère. Alors pourquoi se targuer de nos accomplissements terrestres mortels et fragiles et les exagérer de manière disproportionnée ? Le physique en nous, aussi fort soit-il, nous trahit dès que le Prince de la mélancolie apparaît. Lorsque la mort apparaît, le physique, tout solide soit-il, nous déserte, le vital, tout enthousiaste soit-il, nous déserte, le mental, tout intelligent soit-il, nous déserte et le cœur, tout bon et pur soit-il, nous déserte.

Tout ce que nous possédons est une vie éphémère. Alors pourquoi écouter les ordres du monde physique, le monde de la tentation ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ne pas écouter les ordres de l’âme qui illumine et comble toute chose ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi festoyer tous les soirs, pendant toute la nuit, avec l’océan de l’ignorance ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ne pas se battre contre le dragon de l’obscurité tous les jours, pendant toute la journée ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ne pas aimer Dieu, ne serait-ce que conditionnellement, à défaut de pouvoir L’aimer inconditionnellement ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Tout ce que nous possédons est une vie éphémère. Pourquoi ne pas satisfaire Dieu partiellement, à défaut d’avoir la capacité de Le satisfaire entièrement et sans réserve ? Pourquoi ? Pourquoi ? Ne pouvons-nous pas dire à Dieu une fois pour toutes que bien que nous ayons donné toutes nos vies précédentes, jusqu’à la dernière seconde de notre vie présente, à la nuit de l’ignorance, dorénavant nous Lui donnerons, et à Lui seul, toute notre vie éphémère ? Ne pouvons-nous pas donner tous les pouvoirs à Dieu pour nous guider, nous fondre et nous façonner à Sa propre manière ? Puisque nous avons échoué lorsque nous étions aux mains de l’ignorance, ne pouvons-nous pas donner à Dieu une chance de diriger notre vie ? Même si Dieu échoue à son tour, ne serait-il pas juste, après avoir donné tant de chances à la nuit de l’ignorance, de Lui donner au moins une chance ? Offrons cette courte incarnation à Dieu et à Dieu seul. En offrant notre vie à Dieu, notre vie sera courte en années mais longue en accomplissements.

Dieu nous dit : « Mes enfants, je vous ai promis de ne pas abuser de vous, de ne pas vous induire en erreur. Je vous prouverai que je peux faire de chacun de vous une nouvelle personne, une nouvelle réalité et une nouvelle divinité. Donnez-moi une chance. De même que vous avez donné à plusieurs reprises sa chance à l’ignorance, donnez-moi une chance, même pour une occasion courte et éphémère, et voyez ce que je peux faire pour vous, puisque vous ne pouvez pas voir ce que j’ai déjà fait pour vous.

« Mes enfants, donnez-moi une chance et voyez ce que je peux faire pendant cette vie éphémère qu’est votre vie. Mes enfants, cette vie éphémère peut être étendue et élargie, si vous voulez bien prendre ma Divinité en considération avec votre cœur soumis et votre âme unie. Une vie éphémère n’a pas besoin d’être et ne peut être le dernier mot de ce monde terrestre. Seule une vie infinie, une vie sans commencement ni fin peut satisfaire l’homme, le futur Dieu. »

8 Le 9 juillet 1977 à 11h25 — Lycée John F. Kennedy - Bronx, New York


  1. EA17

  2. EA18

  3. EA18

  4. EA18

  5. EA19

  6. EA19

  7. EA20

  8. EA20

Je voudrais me libérer1

Je voudrais me libérer de toute agitation, de toute peur et de tout doute. L’agitation me ralentit, ralentit ma vitesse intérieure. La peur me trouble. Le doute m’empoisonne. J’ai besoin de calme pour remplacer mon agitation. J’ai besoin de courage pour remplacer ma peur. J’ai besoin de confiance pour remplacer mon doute. Mon calme est ma confiance et la protection de mon Seigneur. Mon courage servira Dieu l’homme dans le monde tout entier. Mon courage aimera l’homme, Dieu, dans le monde intérieur comme dans le monde extérieur. Ma confiance accélérera mon voyage comme celui de tous les aspirants sincères, car nous sommes tous unis, inséparablement unis. La force de ma confiance les renforcera et la force de leur confiance me renforcera.

Je voudrais me libérer de toute hypocrisie, de toute insécurité et de toute impureté. L’hypocrisie me sépare de la grandeur de mon Seigneur. L’insécurité me sépare de l’immensité de mon Seigneur. L’impureté me sépare de mon intimité avec mon Seigneur. La sincérité remplacera mon hypocrisie. L’assurance remplacera mon insécurité. La pureté remplacera mon impureté. Dorénavant, ma sincérité sera ma sauvegarde ; elle protégera toujours de la destruction intérieure et extérieure. Mon assurance me fera ressentir que ma Source, mon Bien-Aimé Suprême, est toujours pour moi, pour moi, pour moi, pour moi. Quoique je fasse ou que je dise, Il est pour moi, éternellement. Ma pureté me permettra de Lui parler, de chanter avec Lui et de m’amuser avec Lui ici, là et partout, à chaque instant.

Je voudrais me libérer de toute rigueur que je m’impose, de toute exposition de moi-même, et de toute exploitation de moi-même. Je n’imposerai aucune austérité sévère et impitoyable à ma vie car cela n’est pas ce qu’il faut. Je n’exposerai plus mon rêve-ignorance au monde entier. Je ne m’exploiterai plus. J’ai déjà exploité la Compassion infinie de mon Suprême. J’ai déjà exploité l’immense patience du monde. Mais je n’exploiterai plus Dieu, je n’exploiterai plus le monde et je ne m’exploiterai plus.

Je voudrais me libérer de ce que j’ai dans le monde extérieur et de ce que je suis dans le monde intérieur. Pour l’instant, dans le monde extérieur, je suis un espoir désespéré, et dans le monde intérieur, je suis une promesse vaine. Je voudrais transformer mon monde d’espoir en un monde de réalité, la réalité qui est accomplissement en soi. Je voudrais transformer ma promesse vaine en une action fructueuse et je ne peux le faire que grâce à mon imploration intérieure constante. Je ne peux cultiver mon imploration intérieure que lorsque j’offre à mon Bien-Aimé Suprême la chose la plus précieuse qu’Il m’a accordée de par Son infinie Bonté, et cette chose précieuse est la minuscule flamme de mon cœur de gratitude.

2 Le 9 juillet 1977 à 15h30 — Lycée de Norwald, Norwald, Connecticut


  1. EA21

  2. EA21

Expérience et réalisation1

L’expérience prépare ; la réalisation partage. L’expérience prépare l’aspirant à l’Heure choisie de Dieu. La réalisation partage Dieu avec l’aspirant. L’expérience pleure et essaye sans répit de trouver le but. La réalisation vit sans effort dans le but et finit par devenir le but même. L’expérience dit secrètement à l’aspirant ce qu’il deviendra ultimement : il deviendra l’instrument le plus parfait de Dieu. La réalisation dit en souriant à l’aspirant ce qu’il est éternellement ici sur terre et là-haut au ciel : sur terre, il est Dieu, l’homme qui aspire et évolue ; au Ciel, il est l’homme, le Dieu qui illumine et comble.

L’expérience est convaincue que le monde dans lequel nous vivons est un champ de bataille où les bonnes et les mauvaises forces, les forces divines et non divines se font constamment la guerre. Elle sait spontanément que ce monde dans lequel nous vivons est l’Arbre-Vision de Dieu qui transcende toute chose et le Fruit-Réalité de Dieu qui nourrit toute chose.

L’expérience va du fini à l’Infini. Elle commence par ressentir sa présence dans le fini, puis dans l’Infini. Elle ressent son identité avec la goutte finie, puis avec l’océan infini. La réalisation nage dès le début dans l’océan infini avec Dieu, le Nageur éternel.

Chaque expérience est une force supplémentaire dans le processus de notre vie en évolution. Au cours de notre marche le long de la route de l’Éternité, chaque expérience est une force supplémentaire. Chaque réalisation est un triomphe transcendant. En courant vite, plus vite, au plus vite, le long de la route de l’Éternité, chaque réalisation est un triomphe transcendant.

L’expérience aime énormément Dieu, le Père-Compassion. La réalisation aime énormément Dieu, l’Amoureux-Unité.

L’expérience est la naissance de notre voyage. La réalisation est notre voyage qui transcende, illumine et comble à jamais.

2 Le 9 juillet 1977 à 21h20 — Eglise Presbytérienne de la North Avenue, New Rochelle, New York


  1. EA22

  2. EA22

Je suis une prière née1

Je suis une prière née. Je suis extrêmement reconnaissant envers mon Bien-Aimé Suprême, car Il m’a donné la capacité de prier pour m’unir à la conscience du Christ.

Je suis une concentration née. Je suis extrêmement reconnaissant envers mon Bien-Aimé Suprême car Il m’a donné la capacité de me concentrer pour m’unir à la conscience de Brahma.

Je suis une méditation née. Je suis extrêmement reconnaissant envers mon Bien-Aimé Suprême car Il m’a donné la capacité de méditer pour m’unir à la conscience de Vishnou. Je suis une contemplation née. Je suis extrêmement reconnaissant envers mon Bien-Aimé Suprême car Il m’a donné la capacité de contempler pour m’unir à la conscience de Shiva.

Je suis une aspiration née. Je suis extrêmement reconnaissant envers mon Bien-Aimé Suprême car Il m’a donné la capacité d’aspirer pour m’unir à la conscience de Ramakrishna.

Je suis un dévouement né. Je suis extrêmement reconnaissant envers mon Bien-Aimé Suprême car Il m’a donné la capacité de me dévouer pour m’unir à la conscience du Bouddha.

Je suis une réalisation née. Je suis extrêmement reconnaissant envers mon Bien-Aimé Suprême car Il m’a donné la capacité de me réaliser pour m’unir à la conscience de Chinmoy.

Je suis une manifestation née. Je suis extrêmement reconnaissant envers mon Bien-Aimé Suprême car Il m’a donné la capacité de manifester pour m’unir à la conscience de Shankara et de Vivekananda.

Je suis une perfection née. Je suis extrêmement reconnaissant envers mon Bien-Aimé Suprême car Il m’a donné la capacité de perfection pour m’unir à la conscience de Krishna.

Je suis une satisfaction née. Je suis extrêmement reconnaissant envers mon Bien-Aimé Suprême car Il m’a donné la capacité de satisfaire pour m’unir à Lui, à Sa Conscience déjà manifestée, et à Sa Conscience non encore manifestée.

2 . Le 10 Juillet 1977 à 8h15 — Stade du Lycée de Jamaica, New York


  1. EA23

  2. EA23

Vous êtes spirituel1

Vous êtes spirituel. Cela signifie que vous n’avez que quelques désirs, quelques très, très rares désirs. Un jour viendra où vous arriverez à n’avoir plus qu’un seul désir : celui de Dieu. La réalisation de Dieu sera votre seul désir. Un seul désir restera en vous, et ce désir sera comblé par Dieu Lui-même avec l’Amour, la Joie et la Fierté les plus profonds.

Vous êtes spirituel. Cela signifie que vous êtes sincère. Il y a deux formes de sincérité. L’une est la sincérité humaine, la sincérité du mental. L’autre est la sincérité divine, la sincérité du cœur. La sincérité humaine dont vous parlez provient du membre le plus développé de votre famille humaine, le mental. Le mental vous dit que ceci est de la sincérité, et que cela n’en est pas. Le mental vous inspire ou vous commande de faire ce qui est juste, ce qui est sincère. Mais il existe également une chose que l’on nomme la sincérité du cœur. La sincérité du cœur est différente de celle du mental. La sincérité du cœur est l’unité avec la Volonté du Suprême. Le mental est parfois sincère, mais uniquement lorsqu’il peut tirer profit de la sincérité. Parfois, le mental est sincère parce qu’il ressent une compulsion intérieure ; il se sent intérieurement obligé. Mais dans la sincérité du cœur, qui est l’unité avec la Volonté du Suprême, il y a une intention intérieure particulière que le mental humain ne peut pas cerner. Si vous êtes spirituel, vous serez un jour prêt à unir votre volonté à la Volonté du Suprême. C’est cette forme de sincérité que vous recherchez.

Vous êtes spirituel. Cela signifie que vous êtes humble. L’humilité signifie ici l’acceptation du poids du monde selon votre capacité. Dieu est toute Humilité. Il a accepté le poids entier du monde comme Son propre lot. Alors acceptez, vous aussi, le poids qui est autour de vous selon votre capacité limitée. Vous êtes comme un arbre qui porte des feuilles, des fleurs et des fruits. Vous aussi pouvez porter sur votre tête et sur vos épaules le fardeau du monde qui se trouve autour de vous. C’est là votre humilité.

Vous êtes spirituel. Cela signifie que vous êtes sûr de vous. L’assurance signifie que vous ressentez la Présence vivante de Dieu en vous et que vous ressentez votre présence vivante en Dieu. Vous vous dites également que vous êtes pour Dieu et que Dieu est pour vous. Lorsque vous vous dites que Dieu est pour vous et que vous êtes pour Dieu, et lorsque vous ressentez votre présence en Dieu et la Présence de Dieu en vous, c’est là votre assurance.

Vous êtes spirituel. Cela signifie que vous êtes pur. Quelle sorte de pureté recherchez-vous ? Vous recherchez la pureté qui satisfera Dieu et Le capturera dans votre cœur, dans votre mental, dans votre vital et dans votre corps. Toute votre impureté vous abandonnera lorsque Dieu viendra vivre à l’intérieur de la chambre de votre corps, à l’intérieur de la chambre de votre mental et à l’intérieur de la chambre de votre cœur. Vous ne pouvez développer la véritable pureté que si vous pouvez ressentir que Dieu vit en vous.

Vous êtes spirituel. Cela signifie que vous êtes divin. Votre divinité commencera par dire qu’il n’y a pas de mur solide entre vous et Dieu. Vous faites face à Dieu et Dieu vous fait face. Votre divinité vous fera ressentir que deux Dieux sont face à face et conversent ensemble. Mais à un moment donné, vous vous fondrez dans le Dieu qui, pour l’instant, est en face de vous. Vous saurez alors qu’il n’y a qu’un seul Dieu et que le monde entier est Sa projection. Et puis, un jour viendra où Dieu vous demandera de jouer Son rôle. Il vous fera ressentir que vous êtes Dieu et qu’Il est votre projection. Puis Il se cachera et jouera le rôle de l’univers tandis que vous jouerez le rôle de Dieu. Il deviendra la création et vous deviendrez le Créateur. Vous serez la création de Dieu selon Sa Vision, Sa Mission et Sa Nécessité. Mais lorsqu’Il sera pleinement satisfait de votre niveau spirituel, il dira : « Mon fils, je change mon jeu. Je serai la création et tu deviendras le Créateur. » C’est ainsi que vous deviendrez inséparablement un avec la Source qui vous a conçu et créé.

2 Le 11 juillet 1977 à 8h10, — Stade du Lycée de Jamaica, Jamaica, New York


  1. EA24

  2. EA24

La Spiritualité1

La spiritualité est l’aspiration consciente de l’homme pour Dieu. La spiritualité nous dit que Dieu, aujourd’hui l’inconnaissable, deviendra connaissable demain pour devenir complètement connu après-demain.

Nous devons avoir besoin de Dieu pour l’amour de Dieu. Dieu peut nous satisfaire à notre propre manière, mais lorsque Dieu nous satisfait à notre propre manière, c’est nous qui ne sommes pas vraiment comblés. Notre cœur implorant, notre cœur aspirant, notre cœur illuminant ne sera jamais satisfait tant qu’il ne satisfait pas Dieu à la manière de Dieu ; c’est pourquoi notre réalisation de Dieu doit être pour l’amour de Dieu. La perfection de l’homme repose dans la satisfaction de Dieu.

Un commencement sans commencement nous dit que la spiritualité est une plante d’aspiration. Cette plante pousse et pousse indéfiniment. Une fin sans fin nous dit que la spiritualité est un arbre de soumission. Cet arbre porte des fruits divins qui viennent à nous par la force de notre unité constante, consciente et soumise avec notre Suprême Bien-Aimé.

La véritable spiritualité est notre acceptation consciente de la vie, et non pas l’annulation, ni la négation, ni encore l’annihilation de la vie. Nous devons accepter la vie et transformer radicalement le visage de la vie en l’image même de notre Suprême Bien-Aimé.

La spiritualité dit au cœur : « Ô mon cœur, pourquoi manques-tu tant de confiance en toi ? Ne vois-tu pas que le Tout-Puissant, le Seigneur Suprême habite en toi ? Ne manque pas ainsi d’assurance, car c’est toi qui proclames au monde entier que la Présence vivante du Suprême Bien-Aimé se trouve en toi. De toutes les parties de l’être, c’est toi qui as été choisi pour être le tout premier instrument pour conduire le mental, le vital et le corps à l’âme. Celle-ci finira par me les amener. »

La spiritualité dit au mental de garder le silence. Elle dit au mental : « Ô mental, ne pense plus. Ta force de pensée n’est autre que confusion. Tu embrouilles les autres membres de ta famille —le corps, le vital et le cœur—, et en même temps, tu t’embrouilles toi-même lorsque tu te prélasses dans le monde des pensées. »

La spiritualité dit au vital : « Ô vital, ne sois pas avide de gloire et de renommée. Ne sois avide de rien, car même si tu possèdes ce que tu convoites, ces possessions ne te satisferont pas. À l’intérieur même de ces possessions, tu trouveras une imploration pour davantage de possessions. Tant que tu seras avide, tu agiras toujours comme un mendiant. Quoique tu obtiennes, tu resteras insatisfait et non comblé. Alors ne t’aventure pas sur ce chemin. Ton avidité doit prendre fin. Ne sois pas avide. »

Enfin, la spiritualité dit au corps : « Ô corps, combien de temps vas-tu dormir ? Ne sais-tu pas que tu dors depuis des temps immémoriaux ? C’est à cause de ton sommeil d’ignorance que les autres membres de ta famille ne peuvent pas atteindre le Rivage Doré, le But destiné. Ô corps, ne dors pas ! Le But n’est que pour les éveillés. Éveille-toi, lève-toi ! Les autres membres de ta famille courront plus vite que tout dès que tu deviendras actif et dynamique et que tu jetteras loin de toi les chaînes du sommeil de l’ignorance. » La spiritualité dit à l’aspirant de ne pas vivre dans le passé lointain, de ne pas vivre non plus dans le futur lointain, mais de vivre dans l’immédiat d’aujourd’hui, dans l’instant présent éternel. Cet instant présent éternel incarne l’homme, la graine d’aspiration, et Dieu, le Fruit qui nourrit toute chose.

2 Le 11 juillet 1977 à 10h, — Chapelle St Paul, Université de Columbia, New York


  1. EA25

  2. EA25

Préface de l’éditeur

Au cours des vingt premiers jours de juillet 1977, Sri Chinmoy prononça cent petits discours. Ces discours furent donnés à l’occasion d’auditions publiques d’esraj, de pique-nique, et même après des entraînements matinaux au stade de l’école publique. Il est difficile cependant d’appeler ces mots des discours. Leur rythme, leur qualité quasi musicale pourrait plutôt les ranger dans la catégorie de vers libres. De plus, ils expriment un flot d’idées si subtiles et si mélodieuses qu’ils demandent à être ressentis et assimilés sur un plan intuitif. Avant de parler, Sri Chinmoy entrait dans un état élevé de méditation et puis il parlait de manière extemporanée. Ces discours sont donc l’expression d’un état de conscience bien au-delà de la portée du mental : ce sont des éclairs de lumière provenant du Soleil de réalisation du Maître, brefs et illuminants. Ce volume est le premier d’une série de quatre volumes.